-UN MONDE D'ODEURS
-LE MONDE DES ODEURS CHEZ LES ANIMAUX, OU COMMENT ESSAYER DE PASSER INAPERÇU DANS LE "MONDE" ANIMAL.
-CONSTAT
Le brame finissant, vient encore une fois de me révéler l'extrême méconnaissance du monde animal chez certains photographes Naturalistes ou animaliers.
C'est généralement, lors de billebaude, que je rencontre, ou plutôt que j'évite, ces apprentis photographes, attention ! il n'y a là aucun jugement péjoratif.
L'utilisation du vent et sa connaissance forment pourtant, un des piliers de la photographie animalière.
-L'ODORAT.
Cette "science" ne semblerait s'appliquer qu'aux mammifères, en effet les araignées, papillons, et autres petits peuples de l'herbe nous détectent de mille autres façons que par l'odorat. Pourtant les moustiques détectent notre odeur ! Les odeurs ne semblent pas concerner les oiseaux, bien que le pigeon voyageur serait capable dit-on, de reconnaître son territoire à l'odeur. Les poissons ne sont pas privés d'odorat puisque le saumon retrouve son lieu de naissance grâce à son odorat.
Comme je le dis souvent il est difficile, dans la Nature, d'établir des règles.
Les fosses nasales sont le véritable "siège", de la détection des odeurs, les récepteurs placés là, analysent en permanence, les produits volatils en suspension dans l'air, dispersés sous forme de gaz ou d'aérosols. Cette zone porte le nom d' épithélium olfactif.
Comparez ces charmants "minois" et la longueur de leurs fosses nasales !
Il est évident que certains ...sont largement favorisés dans le domaine de la détection !
Liens concernant l'odorat :
-COMMENT ORGANISER UNE SORTIE PHOTO.
Voici donc la façon dont j'organise mes sorties photographiques.
J'entends déjà certains grincheux, dirent, « là il déc... le Jeanpoule, il donne des tuyaux à ceux qui nuisent à la Nature ! Mais, il faut savoir que les nuisibles à notre environnement et plus particulièrement à la Nature, connaissent sûrement plus de choses sur la Nature, que les doux rêveurs arpentant les chemins de campagne en fin de semaine. Robert Hainard grand naturaliste, l'affirmait lui aussi.
Photo de robert Hainard et de Jacques Rime, extraite du site:
http://www.lagruyere.ch/archives/2006/06.04.13/gruyere2.htm
-LA MÉTÉOROLOGIE.
-Je consulte tout d'abord la météo. À la rubrique météo France, je choisi la carte des vents prévus pour le lendemain. En général, les prévisions sont assez fidèles, plus, en tout cas que celles concernant la couverture nuageuse. Un conseil, ne cherchez pas, à connaître les prévisions au delà de trois jours, ce domaine, à mon avis, est réservé aux voyantes.
Copie d'écran faite sur le site de météo France :
http://france.meteofrance.com/france/accueil
Puis je "consulte" une girouette, installée dans mon jardin, elle me donne la direction du vent au sol, attention ! notez bien qu'il est très fréquent d'observer au sol ou plutôt entre 1 et 3 m de hauteur des vents différents de ceux soufflant à très haute altitude.
Cette girouette, très simple à réaliser, est constituée d'une perche surmontée d'une tresse de 1 a 2 mètres de longueur flottant au vent. La différence avec une girouette classique, est que cette tresse, est agitée au moindre zéphyr .
Un vent très léger, inférieur à 1 km/h, décelable simplement par le souffle produit sur le visage, est détecté et révélé par mon bricolage.
-EN PRATIQUE
Connaissant la direction du vent et seulement À CE MOMENT LÀ, j'organise ma sortie, c'est à dire que je me rends aux affûts (Lorsque je dis affûts il peut s'agir parfois que d'un simple emplacement), prévus pour les vents d'ouest, d'autres pour les vents de sudsud-est et d'autres encore pour les vents d'est. Ce sont majoritairement les vents soufflant ici, avec tout de même une prédominance pour les vents d'ouest, porteurs de nuages. Connaissant l'affût ou l'emplacement à utiliser, je me rends sur le parc qui convient pour garer mon char.
La démarche est toute différent de celle qui consisterait à stationner sur son parc habituel , et de là, partir comme chaque fois sur le même itinéraire.
Une fois sur le terrain j'utilise à nouveau un morceau de tresse pour contrôler la direction du vent. Il se peut en effet qu'un vent détecté comme venant d'une direction chez moi, surtout s'il est supérieur à 10 km/h souffle très légèrement dans une autre direction en forêt.
-PARTICULARITÉ DES VENTS À FONTAINEBLEAU.
Voici un extrait de carte de la forêt de Fontainebleau, j'ai matérialisé en rouge les mouvements de terrain, c'est à dire les chaos rocheux. Vous remarquerez qu'ils ont une orientation bien particulière, tous, à de très rares exceptions sont orientés est, ouest.
Peut-être vous êtes vous rendu compte, qu'à chaque changement de direction du vent, il tourne,durant des périodes de 12 à 24 heures, avant de s'établir dans une direction bien définie.
Le même phénomène se produit lorsque les vents viennent du sud ou du nord (plus rare). En arrivant sur certains points comme ceux mentionnés, sur la carte, ils rencontrent les reliefs, certes, ils ne sont pas hauts, mais cela suffit pour rendre ces vents tournoyants et ingérables par le photographe animalier.
-LE VENT ET LES ANIMAUX.
En règle générale les animaux, n'aiment guère le vent, du moins le vent fort, ils cherchent toujours à s'en protéger. J'ai remarqué que lors d'épisodes particulièrement venteux, les animaux se font plus rares.
Lorsqu'ils ne sont pas dérangés, ils semblent utiliser le vent, pour se déplacer. Les déplacements semblent conditionnés par la direction du vent, ils progressent le nez au vent, ce qui paraît tout à fait logique. Mais attention comme dit plus haut il ne peut y avoir de règles définitivement établies dans la Nature.
-LES ODEURS.
Il est inutile de se déplacer le vent dans le dos, les animaux vous sentiront et fuirons. On a beaucoup écrit sur les distances à laquelle un animal peut vous détecter, pour ma part je prends cela très à la légère. En effet cela dépend de la vitesse du vent, des obstacles pouvant influencer le déplacement des particules odorantes, etc etc.
Ne jamais se déplacer le vent dans le dos.
Vous devez vous déplacer nez au vent comme ceci.
Quelque soit la situation, c'est un principe à respecter. Inutile de vous placer dans un affût si le vent est mauvais (Sauf si cet affût est placé en hauteur) les interstices laisseront passer votre odeur et vous serez éventé. des heures d'attente pour rien.
Dans le cas précis, de l'affût "perché", le cône de dispersion des odeurs se trouve décalé vers le haut, les odeurs parcourront alors une plus grande distance avant de toucher le sol, de plus elles seront fortement "diluées".
Inutile, non plus, de parcourir la forêt avec un vent poussant les odeurs devant vous.
LES ODEURS ET LES ANIMAUX.
Les jeunes mammifères , passent une partie de leur enfance avec leur mère, se déplaçant sur le territoire de cette dernière. La femelle connait le terrain et ses odeurs, une odeur l'inquiète...elle fuit, et le jeune aussi. Il apprend ainsi à se déplacer, à utiliser le terrain, dans un monde d'images et dans un monde d'odeur. Lorsque, arrive enfin le moment de son émancipation, il quitte le territoire de sa mère avec une "bibliothèque" d'images et d'odeurs bien remplie. Arrivé sur son nouveau territoire, c'est à dire un territoire libre, il adaptera sa "bibliothèque" en plaçant les nouveaux éléments nécessaires à sa survie. Nous savons que le jeune animal ne sachant pas s'adapter, meurt. C'est une des règles de l'évolution.
Un animal comme le cerf ou le renard se déplace dans un monde d'odeurs, pour illustrer cela, rendons les odeurs visibles en les comparant à de la brume ou du brouillard.
Représentons nous une matinée avec un brouillard dense, et une matinée avec un très léger voile de brume accroché au sol, un peu comme après une pluie d'été,la matinée au brouillard dense représente la perception des odeurs par le cerf ou le renard, et celle avec un léger voile représente notre "perception" des odeurs
Il y a autant de différence entre ces deux matinées qu'il y en a entre notre perception des odeurs et celle qu'en a le cerf ou le renard.
Le cerf ou le renard, perçoivent, disons, 200 odeurs différentes et nous 10... (ce sont des chiffres inventés ils ne sont là que pour illustrer mon propos).
Ce chiffre de 10 s'amenuise de jour en jour, en effet nous sommes de plus en plus soumis à des odeurs paralysant nos sens olfactifs, les parfums artificiels envahissent notre environnement quotidien en annihilant notre perception des plus fines et subtiles odeurs naturelles. Les commerciaux tentent d'ailleurs d'inculquer aux consommateurs qu'une odeur naturelle n'est pas souhaitable dans notre vie de tous les jours, mais qu'une odeur artificielle (avec un cout !) est préférable. Ces particules, synthétiques, parfum toilettes, parfum voiture, parfum corporel,parfum boissons, parfum parc stationnemnt etc se multiplient de jours en jours et ne sont pas sans effets sur la santé. Ce principe n'est pas totalement acquis, par nos semblables, en effet lorsque je vais dans une boutique de mon petit village, et que j'attends mon tour derrière telle ou telle personne, hum ! hum ! là je préférerais sentir la rose artificielle !
Certains nous affirment que les animaux ont peur de l'odeur de l'Homme, pas tout à fait vrai, pas tout à fait faux !
Si c'était le cas, ici à Fontainebleau, plus aucun animal ne traverserait un chemin un sentier etc. Les animaux sauvages sont habitués à sentir l'odeur du cuir, du cirage, de l'urine, de l'essence, de l'huile, du caoutchouc, etc etc bref, l'odeur des Hommes, sur les chemins, ces odeurs sont présentes, dans la "bibliothèque" des l'animal.
Mais subtilité, elles sont inscrites en quantité, c'est à dire que :
Le renard chasse sur ce chemin, où passent des humains, avec leurs machines et leurs animaux domestiques, il y a présence de milliers d'odeurs,pourtant ils ne fuit pas.
Le Naturaliste passe avec son appareil photo, il laisse son odeur, ok, mais la source de cette odeur, n'est plus là, les 100% sont partis. Il ne reste que 2 % d'odeur de photographe.
Maintenant le renard passe sur ce chemin ou est caché le même photographe, là l'odeur est à...100 %. Donc fuite, les animaux sont donc capable de discriminer les odeurs tant en origine qu'en quantité. CQFD
-ÉVITER LES ODEURS.
Si il y avait une méthode, un secret, c'est bien simple il n'y aurait plus d'animaux en liberté, c'est une évidence, ils seraient tous en cage, apprivoisés ou dans les congélateurs.
Si vous allez sur la toile, à la recherche, de "produits" éliminant les odeurs, vous en trouverez, si vous chercher les méthodes pour vous rendre invisible "olfactivement" vous trouverez là aussi, mais que valent ces produits (vendus à des prix défiant toute concurrence) et ces méthodes ?
La seule méthode serait comme je l'ai dit, d'éduquer l'animal à notre odeur, faire entrer dans sa bibliothèque l'odeur inconnue, notre odeur.
-EN GUISE DE CONCLUSION.
Une anecdote qui m'est arrivée il y quelques années.
J'avais installé un affût en forêt près d'une clairière, et pour multiplier les chances de réaliser des photographies, j'avais placé non loin de cet affût, un morceau de bois qui pourrait, le cas échéant servir de perchoir à un rapace...
Quelques jours plus tard, trois exactement, je m'en souviens encore très bien, je vois arriver une biche et son faon, dans cette petite éclaircie.
Mais ou je fût très surpris, c'est au moment où la biche fit un léger saut en l'air, elle était arrivée sous le vent de ce morceau de bois que j'avais placé là, trois jours auparavant. Je n'avais pas pris de précaution particulière pour manipuler ce "perchoir" et mon odeur était encore présente sur le bois et elle l'avait détectée.
Elle s'est approchée avec d'infinies précautions du morceau de bois que l'on aperçoit à droite de la photo et a porté son museau à quelques centimètres de l'endroit où j'avais posé mes mains, tout cela a duré quelques secondes, mais j'étais tellement surpris, que j'en ai oublié de faire des clichés, j'avais trop peur de mettre fin, avec le bruit du déclencheur à cette scène, que j'ai jugée extraordinaire. Puis rassérénée, accompagnée de son faon elle a continué à brouter paisiblement, tout en s'éloignant de l'affût. Je dois dire que des observations comme celle ci, comptent beaucoup dans la vie d'un naturaliste.
À bientôt les amis sur photonaturefontainebleau.
- ALBUMS PHOTOS











Commentaires
jeanpoule le 02/02/2009 à 08:10:03Bonjour Cédric, merci pour ton passage sur photonaturefontainebleau.
Nous ne nous connaissons pas, mais notre passion commune nous fait nous rencontrer assez fréquemment sur la toile. J'apprécie toujours les commentaires de gens d'expérience comme toi.
Amis lecteurs suivez le lien que Cédric a laissé ci-dessus pour découvrir Aube nature, une mine à exploiter, sans plus attendre.
Cédric site : blog.aube-nature.com | le 01/02/2009 à 23:09:27
Bonjour Jeanpoule
Article très intéressant et qui met effectivement en évidence le manque de discernement de beaucoup de photographes débutants...
Au niveau odeurs, j'ai un ami photographe pro qui utilise parfois la technique dite de l'accoutumance pour réaliser certaines photos. En clair ça consiste à laisser volontairement sur le terrain des traces odorifères (généralement des vieux tee-shirts qu'on aura porté pour faire du sport ;-)) afin que le terrain soit "imprégné" de notre odeur.
Technique qui fonctionne lorsqu'appliquée sur plusieurs mois et en changeant les traces très régulièrement, car comme tu dis, les animaux ne sont pas dupes. Perso je n'ai jamais eu assez de temps pour m'y essayer, je vois plus comme toi avec le vent du jour : je connais mes "coins" ;-)
Par contre je confirme : par grand vent, pas la peine de sortir !